10/12/2015

Marathon: ego trip ou dépassement de soi?

Est-ce que de courir un marathon est un trip égocentrique?

Je me pose la question parce que cette fin de semaine, j'ai suivi des coureurs qui relevaient un défi de taille. Je me suis donc glissée dans la peau d'une photographe vedette qui courait après les athlètes.

L'équipe Ks 200- La course, était composée d'environ 70 coureurs qui parcouraient la MRC de l'Érable sur une durée de 24 heures pour compléter 200 km pour la Fondation Jolyane Desjardins.

Être témoin de cette course m'a emmenée à me questionner, sérieusement.

Courir en groupe, ça semble plus agréable.

Il y a donc des coureurs qui ont couru à relais et qui ont atteint leurs objectifs personnels. Ils ont accompli des courses en intervalles pour arriver à un but précis que chaque coureur s'était donné. Certains ont parcouru plus de 70 km en 24 heures. D'autres en ont fait 10, 25. Ils ont bouclé la boucle de 200 km.

Bref, ils se sont tous dépassés. Je suis fière d'eux. Je suis fière de Vanessa L (AKA cheveux de feu), Sophie L (AKA The best hairstylist ever), Marie-Pier B (AKA Ferme Belichel) , Karine S (AKA Mrs Big Smile) et tous les autres.

Cependant, je me questionne toujours sur mes motivations personnelles...de courir comme ça des distances un peu longues pour mes petites pattes.

La course c'est le dépassement de soi certes, mais il semble que plus on affiche nos kilomètres parcourus, plus on est hot. I'm just saying...

Sommes-nous plus respectés parce qu'on est capable de courir 3 marathons en 2 jours?

Est-ce que l'on se sent mieux parce qu'on peut courir des ultra-marathons?

Des Death Races?

Des Ultra-trails?

Des IronMan?

Criss, plus on court plus on devient fou? Plus on en veut?

Attention, je vous annonce que la prochaine mode sera d'escalader un volcan, à la course, et se pitcher dedans et d'ensuite nager dans la lave 8 kilomètres et en sortir en lambeaux comme Anakin Skywalker pour évidemment devenir Dark Vader. Voici l'extrait vidéo qui explique comment chaque coureurs se sentiraient après THE VOLCANO RACE!!!:


Plus je cours, plus mon cerveau me joue des tours.

Mon cerveau est en mode cinéma.

Les aventuriers Ks 200-La course ont amassé près de 20 000 dollars pour les enfants malades de la région. Ils se sont dépassés pour quelqu'un et ça c'est admirable!  #wow #FateInHumanity

Je me dépasse pour qui à part moi?

Personne.

Je me dépasse pour dire que je serai une marathonienne?

Je ne sais plus, je suis troublée. La course pour le fun et pour le prestige? C'est vaniteux.

Je me console alors en me disant qu'au moins, je suis en forme et que je me sens bien physiquement (vraiment bien d'ailleurs, plus que jamais et ce n'est pas rien tout de même).

Mais, je dérouille un peu présentement. Mon mental en prend un coup.

Enfin, je pourrais courir pour une cause qui me tient à coeur. Une cause qui me touche de près ou de loin, par exemple; les enfants nés trop tôt comme un certain petit rayon de soleil du Bas-du-Fleuve. Je pense aussi à Madame M qui, à 32 ans, s'est fait dire qu'elle avait un cancer du sein.

Je voudrais courir pour quelqu'un d'autre que moi.

Ks 200- La course, tu me fais réfléchir sur ma motivation intrinsèque en elle-même. Je suis motivée, certes, mais je me sens cheap dans toute sa splendeur ce matin.

Ça c'est beau, l'esprit d'équipe. 

Je comprends alors la force d'une équipe motivée qui court pour une cause. On se raccroche à ça quand la course est longue et douloureuse... et on le fait pour quelqu'un autre que sa petite personne qui court pour ses fesses ou pour son verre de vin quotidien.

Je ne doute pas de ma capacité à terminer un marathon. J'ai couru 25 km en fin de semaine, les deux doigts dans le nez. J'aurais pu en courir 10 de plus. C'est vrai, je l'aurais fait pour quelqu'un ou quelque chose de concret dans le but de donner au suivant!

Un 42 km après tout cet entraînement que je m'impose depuis 3 mois? Ben oui la mère. Easy shit.

Pouette, pouette, je vais trottiner à Philadelphie pour mon rêve de twit?

Me, myself and I.

J'aimerais bien donner au suivant mais, par où je commence?

Je sais que les courses en général offrent aux coureurs la possibilité de soutenir un cause sociale locale. Je vais investiguer et lire là-dessus...

Le monde de la course m'appelle différemment et m'interpèle sous un autre angle.

Un gros bravo à l'équipe Ks 200 pour leur initiative et ils ont réussi à me transmettre une motivation qui va au-delà de ma propre petite personne.


Ici, les coureur après la côte à Bazin que je monte souvent en entraînement, seule. Une côte difficile de Sainte-Sophie parmi les autres. Mais, en groupe, ça semble mieux voir amusant.



8 commentaires:

  1. N'oublis pas, c'est le début d'un rêve qui t'éveil à autre chose... C'est bien, je t'assure ma belle...

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    1. Merci! C'est vrai, en travaillant sur quelque chose on découvre souvent autre chose qui est tout aussi stimulant!

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  2. Ma belle Laurence multitâche (maman, prof, blogueuse, écrivaine, prof, blonde, photographe) et si tu courais....pour le bien-être que ça t'apporte! Et si tu courais pour inculquer à tes enfants la discipline et la santé! Et si tu courais pour offrir à ta famille une femme souriante et légère sans esprit rongé par le quotidien et son lot d'organisation! Et si tu courais...pour le plaisir d'aller nul part!!! XX

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    1. Je courais pour tout ça avant, mais les 25 kilomètres me font trop réfléchir et je deviens bizarre. Mais, un marathon c'est un défi mental finalement parce que mon corps est capable d'en prendre. Merci du commentaire. Je demeure groundée!:)

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  3. On a besoin de courir loin afin de trouver/dépasser nos limites. Ensuite, on retrouve notre juste milieu. Une distance qui nous convient pour celle qu'on est; une femme, une athlète, une mère, une femme de carrière. On trouve notre distance qui nous procure ce high, une distance qui nous apporte une satisfaction à soi-même sans se sentir en compétition avec les autres mais en harmonie avec soi-même.

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    1. Oui c'est bien dit. Un marathon implique de longues sorties, seule dans la campagne. Une 2:40 toute seule, on a le temps de se questionner et de penser. Une fois revenue à la maison, je me sens bien, reposée et j'ai le sentiment de m'avoir dépassée. Mais, je m'ennuie et je l'avoue, J'aimerais avoir des amies de course de temps en temps. :)

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  4. Marie-Pier Béliveau12 octobre 2015 à 21 h 41

    Très beau texte Laurence! Moi aussi cette course m'a fait réfléchir. Même avant le relais, on aurait dit que je ne réalisais pas toute l'ampleur de la chose. J'ai embarqué sur le tard en avril (retard involontaire, je ne courais juste pas lol) mais ayant toujours été une fille de sport d'équipe je me suis dit: Et bien cool, courir en gang, c'est comme une équipe. Je ne me trompais pas, c'était une aventure d'équipe. Mais depuis les dernières semaines, j'ai bien réalisé qu'on faisait ça pour plus. Pour plus haut, pour une grosse coche au dessus. C'était plus grand que nous, simples coureurs qui s'entraînaient depuis des mois. C'était tellement de gens généreux qui ont donné temps et argent pour une noble cause. Comme toi qui est venu nous photographier. Tous les bénévoles et les nombreux supporteurs qui nous ont suivi tout au long du parcours. Ça nous shake le dedans. Tu as raison, ça nous fait nous questionner sur nos motivations profondes. Peut-être qu'on devra voir nos courses non pas comme un but ultime, mais comme une étape dans un processus plus complet pour être un meilleur être humain..... lolll on est encore dans l'émotion de la fin de semaine ;)

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    1. Vanessa m'avait parlé de l'aventure voilà au moins un an. Je ne savais pas trop où je m'en allais, je vivais un retour au travail après un très long congé de maternité. Ce genre de trip me faisait peur car, je n'avais pas le temps avec la vie de famille, la job, l'écriture et tout. Je ne voyais pas non plus le trip de courir en gang. Et tout a commencé quand de me suis inscrite à un marathon. À toutes les semaines, je me dépasse et les distances cumulées par semaine sont du nouveau pour moi. Je cours en moyenne 48 km par semaine depuis 2 semaines et ça augmente encore. Je me sens énormément seule dans mes longues sorties. À Montréal, j'ai fait un 23 et j'ai adoré car, j'étais stimulée mentalement. J'ai ensuite fait mes courses seules, ici, je suis montée à St-Norbert et revenue par le pont couvert et je n'ai pas rencontré personne. Des belles Charolaises et deux chiens. Mais, je m'ennuie. je cours dans le vide. Je me questionne. Le KS 200 a donc éclairé mon anxiété de coureuse. La gang dans des moments toughs c'est motivant et on s'entraide. J'aime la solitude pour une quarantaine de minutes...mais 2:45 à courir toute seule, je m'ennuie. Il me reste encore 2 semaines de longues distances et je vais réussir. Mais, la prochaine fois, je veux le faire avec du monde! Comme Sophie L et ses amies. Pas obligé de toujours courir ensemble mais, une fois dans la semaine pour les longues courses, why not! Ça peut juste renforcer l'amitié, un lien humain entre les personnes. Donc, je vais réussir. Mais, si je refais un marathon, je veux des partners:)

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